Premiers pas en Amérique du Sud

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Tout d’abord, pardon pour le peu de nouvelles données sur cette page. Maintenir la page Facebook ainsi que ce blog s’avère être plus de travail que nous ne l’avions imaginé avant le départ. Voici enfin notre post sur l’Equateur, premier pays de notre périple Sudaméricain. Pour ceux qui ne sont pas inscrits sur Facebook, sachez qu’il est tout de même possible de voir notre page, simplement en vous rendant à cette adresse: https://www.facebook.com/longexposuretravel

 

Alors que je suis allongé sur le canapé en essayant de m’endormir, je peux entendre les appareils autour de moi jouer leur mélodie du soir. Un réfrigérateur qui s’active dans la cuisine, le voyant d’alarme clignote sur le plafond, la minuterie du purificateur d’air décide qu’il est temps pour un peu plus d’aérosol. C’est notre première nuit en Equateur après dix jours à New York, et je peux sentir que l’aventure commence vraiment. Sur le chemin de l’aéroport à la ville, en une heure de bus, nous avons déjà pu voir à quel point cet endroit est différent de ce à quoi nous Européens sommes habitués. Les petits commerces et restaurants sur le côté de la route, les voitures, la façon dont les gens conduisent, tout est un rappel que nous ne sommes plus dans une ville occidentale.

Chino vit dans cet appartement avec son colocataire Mauricio, trois chiens et un chat. La quantité d’animaux de compagnie m’a surpris quand nous sommes arrivés, je n’ai pas le souvenir de qui que ce soit en Europe habitant en ville avec autant d’animaux de compagnie. Enfin, nous avons eu six poissons pendant mon année de licence à Annecy, et même cela n’a pas duré longtemps. « Nous les avons sauvés de la rue» Mauricio expliquait plus tôt, et nous allions le remarquer à travers le pays, il y’a en effet beaucoup de chiens errants dans les rues. Les refuges pour animaux abandonnés commencent à apparaître dans le pays, mais cela est seulement le début et il y’a beaucoup de travail à faire.

Le week-end, puisque Chino et Mauricio ne travaillent pas, nous décidons d’aller explorer Otavalo et ses alentours. Otavalo est célèbre pour le marché artisanal qui y a lieu chaque jour. Les gens en tenues traditionnelles vendent ponchos, vestes, chapeaux, tous en laine d’alpaga, ainsi que des bijoux faits à la main. Malgré l’affluence de touristes, il semble que la ville ait réussi à garder son authenticité, et un grand nombre de personnes déambulent dans les rues portant les vêtements traditionnels Quechua. Le marchandage est une grande chose là-bas, et Chino nous dit de lui faire savoir si nous voulons acheter quoi que ce soit, et un Equatoriens pourra toujours obtenir un meilleur prix qu’un Gringo. Comme prévu à l’avance, Marieta achète une veste en laine d’alpaga comme celle que j’avais rapporté lors de mon voyage ici il y’a six ans. De 28 $, nous parvenons à descendre le prix à 16 $, et quittons le marché satisfait.

En remontant les montagnes près de Otavalo, nous comprenons rapidement pourquoi tant de gens en Équateur roulent en 4×4. La route est raide, et il semble que l’entretien est pas vraiment une priorité ici. Nous avons tous apporté nos tentes et sacs de couchage, et décidons de nous arrêter dans un camping surplombant la ville. Nous avons acheté quelques bières et des biscuits avant de monter, et une fois que les tentes sont montées, nous  nous asseyons et partageons un dîner léger en regardant le ciel. Loin de la pollution lumineuse, on voit les étoiles d’une manière que j’avais oublié possible. Pour quelques heures, nous restons simplement là, à boire et parler, les regards perdus dans le ciel.

Le lendemain matin, je me réveille à 5h du matin pour voir le coucher de soleil. Tout est si calme ici, je ne peux entendre que les coqs qui chantent, et quelques vaches meuglant. Lentement, les lumières de la rue de Otavalo commencent à s’éteindre, et je peux voir le soleil apparaître derrière la montagne en face de moi. Une bonne façon de commencer la journée.

Une fois que tout le monde est réveillé, nous prenons le petit déjeuner au restaurant du camping et partons pour le Laguna de Mojanda, un lac au sommet de la montagne. Avec le brouillard rampant sur les côtés du lac et la végétation abondante, il semble différent de tous les lacs que j’ai vu jusqu’ici. Là-haut, nous sommes pratiquement seuls, hormis quelques pêcheurs. Après une pause, le temps de prendre quelques photos, nous nous dirigerons de nouveau vers Otavalo, puis jusqu’à Cuicocha, un volcan avec un lac dans son cratère. La route est bien meilleure que celle d’hier, et nous voyons en arrivant sur place qu’il y’a beaucoup plus de touristes. Un bateau peut vous emmener autour du lac, mais nous préférons nous asseoir et boire un verre de Canelaço et  manger quelques Empanadas. Le Canelaço est une boisson alcoolique chaude faite avec de l’aguardiente, un alcool de canne à sucre local. Avant de partir, nous décidons de monter une petite colline à côté du cratère afin d’avoir une meilleure vue. Peut-être à cause du Canelaço, ou de l’altitude, mais ces cinq minutes de marche nous fatiguent Marieta et moi. Nous aurons besoin de travailler notre condition physique si jamais nous voulons grimper le Machu Pichu… Pour l’instant, il est temps de rentrer à Quito.

Pendant la semaine, nous prenons un bus pour Mindo, à une heure et demi de route de Quito. Premier bus en Amérique du Sud, et premiers passagers insolites: les vendeurs ambulants dans le bus. Dans chaque petit village où nous nous arrêtons, quelques vendeurs montent dans le bus et essayent de vendre de la nourriture, des CD, tout ce que vous pouvez imaginer. Tout au long de l’Equateur, tous les bus que nous prenons vont être comme ça. Le bus que nous avons pris ne va pas exactement à Mindo, mais nous laisse à cinq kilomètres du village. De là, nous sautons à l’arrière d’un pick-up qui nous conduit jusqu’au village. Mindo est un très petit village, au milieu de la forêt, grouillant de papillons et d’oiseaux. Nous ne sommes pas ici pendant la haute saison, et la ville est donc très calme. Après avoir laissé nos sacs à l’auberge, nous nous promenons autour du village, et demandons aux gens quelles sont les choses à faire ici. Une chose à voir absolument selon tout le monde: les cascades. à sept kilomètres du village, nous achetons donc nos tickets pour la tarabita (le téléphérique) afin d’y aller le lendemain. Il ouvre à 9 heures, et le tour opérateur nous demande si nous voulons qu’elle réserve un taxi pour nous conduire jusque là, ce que nous refusons. Nous marchons ensuite un peu plus à la recherche d’un endroit pour manger, et trouvons un petit restaurant servant un menu pour $3,5. Composé d’une soupe, d’un plat principal et un jus de fruits, la nourriture est délicieuse et les portions sont énormes pour le prix. Comme il commence à pleuvoir, nous retournons à l’auberge après notre repas et profitons des hamacs. Lorsque nous décidons d’aller dîner à environ 20 heures, tout est fermé, sauf un petit stand vendant des portions de salchipapas (frites avec des morceaux de saucisse) pour $1. Après ce repas léger, nous nous dirigeons vers notre lit, et réglons notre réveil pour 6 heures le lendemain matin.

Les 7 km de marche jusqu’à la télécabine sont beaucoup plus difficiles que prévu. Entre le niveau d’humidité élevé, et le sac à dos avec les caméras et objectifs sur mon dos, je transpire beaucoup. Après une heure et demie, nous atteignons le téléphérique. C’est une petite cage de métal avec deux bancs, qui nous emmène d’une montagne à une autre, survolant une vallée. Une fois que nous atteignons l’autre côté, nous nous rendons compte que nous avons besoin de marcher encore 30 minutes pour atteindre la première cascade. À ce stade, nous regrettons de n’avoir pas pris un taxi. Alors que nous marchons vers les chutes d’eau, l’humidité et de la chaleur deviennent de plus en plus perceptibles, et nous regrettons de ne pas avoir apporté nos maillots de bain. Le chemin monte et descend, et il nous faut deux heures pour atteindre la dernière des 5 cascades. Nous sommes de retour en ville pour le déjeuner, et tout naturellement retournons au même restaurant pour un autre repas délicieux et bon marché en attendant notre bus pour revenir à Quito dans l’après-midi.

Comme c’est le weekend, Chino décide de venir avec nous pour Baños de Santa Agua, une ville à trois heures et demi au sud de Quito, célèbre pour ses eaux thermales, ses chutes d’eau, et pour le volcan actif à proximité, le Tungurahua. Nous prenons un bus de Quito le vendredi soir, et arrivons à Baños à 23 heures. Le temps de trouver une auberge avec des lits disponibles, et nous sortons pour quelques bières. Alors que nous entrons dans le bar, je me souviens que nous étions déjà allés à cet endroit la dernière fois que j’ai visité l’Équateur, et cela fait bizarre de revenir au même endroit. Le lendemain matin, nous prenons un bus pour le Pailon del Diablo, une cascade de 80 mètres de haut. Une fois descendu de l’autobus, nous marchons 25 minutes pour atteindre la cascade. Au fur et à mesure que nous nous rapprochons, le bruit de l’eau est de plus en plus fort. Quand nous voyons enfin la cascade, le bruit est si fort que je dois crier quand je parle à Marieta ou Chino. Marieta a décidé d’acheter des couvertures imperméables pour la caméra à New York, voilà une bonne occasion d’utiliser l’une de ces dernières. En effet, la zone autour de la cascade est trempée, et quand nous arrivons au plus près de la cascade, nous sommes mouillés comme si nous venions de prendre une douche. Alors que nous retroussons chemin, nous pouvons toujours sentir l’eau tomber sur nous, même si nous nous éloignons de plus en plus. Nous comprenons pourquoi quand nous levons les yeux au ciel: il pleut des cordes. Pendant tout le temps que nous passons à Baños, la pluie ne va pas arrêter de tomber. Nous nous dépêchons de retourner à l’arrête de bus, afin de rentrer à l’auberge er de sauter dans des vêtements secs.

Pour le reste de notre séjour à Baños, nous ne faisons pas beaucoup plus, vu que la pluie ne semble vouloir cesser. Chino nous laisse le dimanche après-midi pour retourner à Quito, et nous restons jusqu’à lundi matin. Notre prochain arrêt est Montañita, mais plutôt que de nous y rendre directement, via Guayaquil, nous prenons la route la plus touristique via Guaranda, car cela nous permet passer à seulement 5km du volcan Chimborazo. Notre itinéraire de la journée est donc: Baños – Ambato – Guaranda – Guayaquil – Montañita. Quand nous arrivons enfin à Montañita à 23 heures, après 12 heures sur la route, nous sentons la différence de température. Il faisait 6 ºC quand nous sommes partis Baños le matin, la température est maintenant de 28ºC … et nous ne sommes pas habillés en conséquence. Puisque nous n’avons pas de réservation pour cette nuit, nous recherchons l’auberge la moins chère que nous pouvons trouver, et atterrissons dans une « auberge » sur le bord de la route pour $7 chacun. Les lits sont inconfortables, les murs de bambou, et les portes ne rentrent pas dans leurs cadres. Cela ira pour une nuit, mais heureusement que nous avons une réservation pour le lendemain. Nous posons nos sacs, prenons une douche rapide, échangeons nos pantalons et nos manches longues pour les t-shirts et shorts, et sortons pour une promenade autour du village. Montañita est une petite ville remplie de boutiques, de restaurants et de bars. Après avoir marché pour quelques minutes, nous nous asseyons donc simplement à la terrasse de l’un des bars et buvons quelques bières avant d’aller nous coucher. Nous faisons nos valises dès notre réveil le lendemain matin, et partons pour l’auberge dans laquelle nous avions initialement réservé pour les 2 prochaines nuits. Nous pouvons immédiatement sentir que l’endroit est beaucoup plus accueillant que celui où nous avons passé la nuit. Il y a de la musique dans la salle commune, les gens semblent amicaux, et les lits, même si ce sont simplement des matelas sur le plancher avec une moustiquaire suspendue au dessus, sont beaucoup plus confortables. Nous commençons immédiatement à sympathiser avec d’autres routards, et nous allons continuer à le faire pendant six jours, au lieu des deux que nous avions prévu.

Alors que nous sommes trop occupés à nous détendre, nous oublions environ deux règles simples pour un certain temps:
– le soleil est fort entre 12 et 14 heures
– la lotion anti-moustique est seulement efficace si elle est appliquée régulièrement

Donc, comme les parfaits touristes que nous sommes, nous brûlons et nous faisons piquer lors de notre première journée à la plage. Mais qui s’en soucie vraiment? Il fait 30ºC, le ciel est bleu et la bière n’est pas chère. Pendant une semaine, nous ralentissons, et ne nous sentons pas coupable, puisque nous dépensons très peu d’argent. Nous déjeunons et dînons pour environ $3 chacun quand nous mangeons dehors, l’auberge est abordable, et la plage est belle. Les activités de la journée: se détendre, nager, regarder les surfeurs et profiter de l’ambiance de ce paradis de “gringos”.

Une des choses qui ne sera pas tout à fait relaxante pour Marieta est la nuit que nous passons dans un camping, alors que j’essaye de nous faire économiser toujours plus. Pendant près d’une semaine que nous avons passé dans l’auberge, le temps était parfait, mais dès que la tente est plantée, je peux sentir les gouttes de pluie sur mes épaules, un bon moyen de vérifier que notre tente est vraiment étanche. Ensuite, Marieta demande d’utiliser la salle de bain, et surprise: il n’y a pas d’eau courante dans le camping, juste un grand réservoir où l’on doit remplir un seau pour la douche, ou la chasse d’eau. Inutile de dire que l’expérience de camping a duré une seule nuit. Je suis toujours en train de pousser Marieta vers ses limites, et je pense en avoir trouvé une ici.

Le lendemain matin, nous essayons de prendre un bus pour quitter Montañita, mais nous sommes à la fin d’un week-end férié, et le prochain bus avec des sièges disponibles ne part que le lendemain à 5h du matin. Nous réservons pour ce bus, et je regarde Marieta, me demandant si je devais mentionner la possibilité de retourner au camping. Je décide que non, et nous réservons une nuit dans un hôtel pas cher à la place. Ce même soir, le « combat de boxe du siècle »  entre Floyd Mayweather et Manny Pacquiao se déroule à Las Vegas, et sera retransmis en direct dans un bar de la ville. Nous arrivons sur place avec un groupe de personnes de l’auberge plus de deux heures avant le combat, mais toutes les tables avec vue directe sur les écrans de télévision sont réservées ou occupées. Nous nous asseyons et attendons qu’une meilleure table se libère. Par chance, cela ne prendra que 20 minutes. Nous commençons à boire, en attendant le début du combat, et environ une heure après nous nous rendons compte que tout Montañita semble être dans le bar, ou dans la rue essayant tant bien que mal d’avoir une bonne vue sur les télévisions dans le bar. Nous avons bien fait d’arriver tôt. Ni Marieta ni moi ne connaissons rien à la boxe, mais nous passons une agréable dernière soirée à la plage, avec de la bière et la tequila.

Aux premières lueurs du jour le lendemain matin, nous partons pour notre prochain arrêt, Cuenca, la troisième plus grande ville d’Équateur. Remplie d’églises, de cathédrales et de bâtiments coloniaux, les conquistadors espagnols ont clairement laissé leur marque dans cette ville. Elle ressemble à une version plus petite de Quito, ce qui rend la ville plus agréable à visiter que la capitale. Après la visite de la vieille ville lors de notre première journée, nous prenons un bus pour le Parque Nacional El Cajas le lendemain matin, et nous arrêtons à Tres Cruces, 4167 mètres au dessus du niveau de la mer. Comme les randonneurs expérimentés que nous sommes, nous avons pris la décision brillante de prendre nos sacs à dos avec nous, et Marieta porte donc 15 kg sur son dos, et moi 20. Malgré les magnifiques paysages remplis de lacs, de brume, des montagnes rocheuses et de vallées verdoyantes , il est trop difficile de marcher autant que nous avions prévu, et après 3 heure, nous décidons de prendre un bus pour retourner à Cuenca. Nous saurons pour la prochaine fois: laisser les sacs à l’auberge avant de partir pour un trek, surtout à cette altitude.

Quand nous arrivons à la station de bus, nous cherchons notre option suivante vers le sud, et trouvons des bus allant directement à Mancora, au Pérou, départ 22 heures. Nous achetons nos billets, laissons nos sacs à la billetterie, et nous dirigeons vers le centre de Cuenca pour un dernier après-midi en Equateur. Après trois semaines dans ce beau petit pays, il est temps pour nous de continuer vers le sud, et de découvrir le pays des Incas.

 

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Voici quelques photos de notre temps en Equateur, pour voir toutes les photos, cliquez ici

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